Les retours de nos Gourmets

Lorsque l’on décide de proposer sa propre vision de la Cuisine en devenant Chef, la nécessité du retour de nos gourmets est vitale. Sans elle, il est impossible de savoir si la partition que nous avons joué leur a plu, impossible de savoir si la rencontre a eu lieu. Comme je le dis souvent notre première vocation c’est avant tout de faire plaisir, tout en choisissant les modalités de ce moment. C’est d’ailleurs un exercice périlleux où comme en Gastronomie tout est question d’équilibre entre ce que le Chef veut dire et ce que le Gourmet veut entendre.

Et si nous y sommes attentifs, c’est aussi parce que nous y mettons beaucoup d’énergie et – n’ayons pas peur des mots – d’amour. Et quand quelqu’un nous dit qu’il a retrouvé des saveurs de son enfance, qu’il a été sensible au fait que tous nos produits sont issus de notre Terroir ou tout simplement qu’il a passé une belle soirée : alors oui, nous avons réussis et c’est aussi important pour nous de le savoir.

Le retour de nos gourmets, c’est aussi s’exposer à la critique. Elle est souvent à l’image de ce qu’on y met derrière : certaines nous permettent de nous améliorer quand nous avons fait une erreur, d’autre sont plus le fruit d’une incompréhension ou parfois même de malveillance, même si ce genre a plutôt tendance à fleurir sur Internet. Il faut accepter la subjectivité de chacun et le fait qu’on ne peut pas plaire à tout le monde malgré tout le cœur qu’on met à l’ouvrage. C’est donc aussi à nous autres Chefs, de faire la part des choses même s’il fut une époque où une critique pouvait balayer la centaine de compliments que j’avais reçu.

Mais comme je l’ai dit, ceux sont ces retours qui nous permettent d’avancer, de nous améliorer et d’avoir le sentiment qu’on œuvre dans la bonne direction.

Lionel Giraud

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